Lundi 7 septembre 2009 1 07 /09 /Sep /2009 13:32
Je n'ai pas vu l'homme ,Henri Michaux
(Epreuves, Exorcismes, 1940-1944)



I. Un poème incatation.

A/La forme de 6 versets:
poème en prose sont en général en bloc.

B/Anaphores et répétitions:
"Je n'ai pas", "le chant"

C/Oppositions:
Phrase batti sur renversement: "Je n'ai pas vu" ==> "mais", "l'un" ==> "l'autre"
Mots anthithèse: "cigarette"/"pétrolier", "conscience de la vie"/"bimoteur de combats", "plaines, plateaux"/vessie, estomac", "homme vrai"/"vérité locale, nationale"
Sons: durs (b,k,t) évoquent la guerre (1er verset) / doux (l) évoquent être intérieur.

Transition: Tout ça pour conjurer sa déception.


II.L'Homme rêvé, l'Homme rencontré.

A/Verset 1:

Oppose respect de la vie, la sagesse, le progrès moral au progrès technique grâce à des images:
"conscience de la vie"/"bimoteur de combat"
L'homme a mis le progrès au service de la guerre et non à celui de la vie.

B/Verset 2:

Homme est capable de faire le tour du monde très rapidement grâce au progrès technique.
Mais pas de progrès moral: l'homme est là depuis longtemps et n'est pas tolérant.

C/Verset 3:
Homme chauvin, intolérant, qui n'accepte pas les vérités des autres. Opposition vérités/homme vrai qui lui devrait accepter toutes les différences.

D/Verset 4:

Homme superficiel changeant, versatil qui est capable de donner son amitié aussi facilement que son inimité.
Signe de convivialité: cigarette
Signe de guerre: pétrolier

E/Verset 5:
Expert scientifique qui connait bien son corps: observe au microscope (lunettes).
Pas de rencontre avec un homme qui ait exploré son âme.
Paysage = métaphore de l'âme vaste.
Homme = addition de morceaux. Pas d'homme = corps + âme.

F/Verset 6:

Son rêve (le chant) : un homme harmonieux avec le monde, lui-même et les autres, l'univers, la contemplation des mondes ==> étoiles.
Homme rencontré = materialiste et qui n'a pu s'épanouir, être contamplatif.

Conclusion:
Le poète exprime sa déception de n'avoir pas encore rencontré l'homme au sens humaniste du terme = un homme qui s'est réalisé dans toutes ses potentialités: moral, physique et spirituel. Il a rencontré un homme déséquilibré.
Poète conjure sa déception par incantation poètique.
D'autres écrivains avant lui ont contasté l'écart entre progrès de la science et le progrès moral
XVIeme siècle ==> Rableais : "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme"
Toujours d'actualité.



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Dimanche 12 juillet 2009 7 12 /07 /Juil /2009 15:20
Familiale, Jacques Prévert.
(Paroles, 1945)



I.Une famille bourgeoise caricaturale.


A/Un milieu social typé:

"Faire des affaires" ==> milieu de finances, de commerce, père bourgeois, milieu social élevé.
"Faire du tricot" ==> activité machinale type. Typique de la mère au foyer = bourgeois.
1 fils unique qui héritera des affaires du père ==> typiquement bourgeois.
Guerre favorise les affaires ==> famille conformiste.

B/Isolement de chacun des membres de cette famille:
Exprimé par structure du poème: membre isolé, chacun est présenté dans son activité.
Seul fois où ils sont ensemble est le cimetière mais sans aucune débouché.
Famille sans amour où chacun est enfermé dans ses occupations conformistes.
Réunion que pour une habitude supplémentaire.


Bilan Transition:
Prévert dénonce ce type de famille où l'éducation apprend l'indifférence.


II. La critique de l'indifférence.


 Ce qui devait réveiller cette famille (guerre, mort du fils) est neutralisé:
Même expression poure guerre, tricot et affaires: "faire", "trouver", "continuer"
==> effet de banalisation. Guerre appartient à routine. Ordinaire comme tricot et affaires.
Mots équivalents , v.21,22,23 : tout est au même niveau, tout peut s'intervertir.
Répétitions : effets de routine.
Absence de ponctuation: aucune mise en valeur, tout est à plat ==> équivalence.


III.Poèsie d'une forme cocasse.

*Apparente froideur du texte: aucune émotion, texte impassible, pas d'émotions de l'auteur ni des personnages
==> pantins qui ne pensent pas
Poème bizarre, crée un malaise.

*Style oral: v13: anacoluthe
v9: reprise du sujet
Fausses questions.

*Expressions humoristiques:
v18: humour noir, ne continue plus de vivre
v24: oxymore, exprime le fatalisme, famille accepte tout, même l'innacceptable.


Conclusion:

Derrière poème amusant, problème grave: on s'habitue à tout même à l'innacceptable.
Implicite: famille aurait dû se révolter et dénoncer la guerre (collaboration nazi)
Poème qui ressemble à un apologue.
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Dimanche 12 juillet 2009 7 12 /07 /Juil /2009 15:01
Le Moulin, Emile Verhaeren
( Les Soirs, 1887)



I. Un tableau sinistre


A/Le tableau:
Le titre
Organisation interne: ciel, ligne d'horizon, ornières = lignes de fuites.
==> Simple et stylisé comme une peinture japonaise.

B/Un décor sinistre:
Moment : soir
Saison : hiver
Lumière: tout est gris, terne: pas de lumière, "air noirci ", "lueur" et non lumière.
Tout exprime la misère, la décrépitude, tout est délabré: "taillis", "ornières", "délabrés", "très misérablement".

C/Une dimension fantastique:

Tout est personnifié: tout semble avoir des sentiments, des intentions: les taillis, les nuages et les huttes.
Univers silencieux: "silence entier" : silence effrayant.
Univers malade exténué: le champ lexical de la maladie est présent du début à la fin, image du sommeil, de la létargie: "las" répété 3 fois.


Bilan Transition:
Tout est contaminé par le malheur.


II. Un moulin allégorique.


A/Le moulin incarne en fait l'univers intérieur du poète, poème état d'âme, paysage intérieur:
Poète symboliste ==> moulin est symbole de ce qu'il ressent, on éprouve davantage ce qu'il veut dire. Il veut suggérer son univers intérieur, c'est pour cela qu'il y a autant de personnification et de termes du monde moral.

B/Peut-être le moulin est-il aussi une image de la condition humaine:
Image du vieux travailleur qui meurt usé par sa vie dans l'indifférence générale: "depuis l'aube"
==> journée qui recommence et où il refait son travail inlassablement. Image de quelqu'un de courageux qui fait son devoir inlassablement et meurt à la tâche : martyr du travail.


Conclusion:

Le poème constitue une vaste métaphore du désespoir de l'acteur dans ce moment de sa vie. Tout est toujours à interprêter à 2 niveaux : physique ou moral.
Fait penser à l'Auberge de Verlaine
Univers baudelairien du Spleen.
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Lundi 29 juin 2009 1 29 /06 /Juin /2009 21:57
Couplets de la Rue St-Martin, de Robert Desnos.
(Etat de Veille, 1942)





I. Poète a voulu donner la tournure d'une chanson des rues.


A/ Le titre:

Imiter chanteurs des rues avec les orgues de Barbaries.

B/ Son "ain" répété + répétitions et rimes internes...
Effet de rengaine, ritournelles commes les chansons des rues
==> obsession de la disparation d'André Platard.


Bilan Transition:
Poète a voulu faire penser à une chanson des rues car un lien très fort existe entre son ami et cette rue. Il la trouvait belle car c'est son ami qui la rendait ainsi. Ce lien est rompu car A.D. est sans doute mort.


II.Evocation discrète du destin d'André Platard.

A/ Evolution du sens de "a quitté".
A la fin, ça devient un euphémisme car on comprend qu'il est mort.

B/ Vers 12

"ils" = La Gestapo
"on ne sait plus rien" = recherches en vain

D/ Vers 14-16
"pas la peine d'implorer les saints" ==> déjà mort
Les saints évoqués sont les saints de la paroisse du quartier de Desnos.
Valérien = colline où l'on fusillait les résistants. Il se cache car il n'a protégé personne.


Bilan Transition:

C'est seulement à travers l'implicite de ces vers qu'on devine ce qui est arrivé à André Platard.


III.Expression de l'amitié et du désespoir.


A/Rupture du lien entre AD et la rue.
refrain "je n'aime plus la rue"

B/Vers 4
Vin associé à amitié. Ami plus là ==> plus goût à rien.

C/Vers 7-8

Connotations pain = amitié, partage, étymologie du mot copain = celui avec qui on partage son pain.
Parle au présent  ==> refus.


Conclusion:

Ce qui fait l'originalité du poème c'est sa discrétion et sa pudeur, retenue. Ni exclamations désespérées, ni cris de haine. Avec sobriété, l'auteur a su exprimer son chagrin et émouvoir le lecteur.
Rapprochement avec Les Copains d'Abord de Brassens = amitié est ce qui donne son prix à la vie.
Jeff de Brel = son ami est mort.
Vers de Lamartine " un seul être vous manque est tout est dépeuplé"
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Lundi 29 juin 2009 1 29 /06 /Juin /2009 21:34
L'Evadé, Boris Vian
(Textes et Chanson, 1954)




I. Un poème qui présente une progression pathétique.


A/Le rôle de "Pourvu qu'il me laisse le temps".
Prononcé par l'Evadé, Intervalles de plus en plus proche.
==> mort qui se rapproche
==> côté dramatique. Réponse à "le temps de quoi?" à la fin.
==> temps de vivre.

B/Poème en 2 parties.

La 2eme est au Plus-que-parfait ==> évadé mort.
Elle récapitule tout ce qu'il a pu faire et donne la réponse : "il avait eu le temps de vivre".


Bilan Transition:

Le temps se resserre et malgré ça il a eu le temps de faire tout ce qu'il voulait.


II. Opposition Hommes/Nature

A/ Poème oppose végétal/métal
v7 ==> Nature gai, accueillante, chaleureuse. Nature liée à la vie = "soleil", "sève"...
Prison évoquée "quatre murs"
Sirène (référence mythologique) chante sans joie
"Canon d'acier bleu", "Abeille de cuivre"
==> Tout ce qui vient des hommes est maléfique
Poème basé sur cette opposition.

B/Le monde des hommes = mort. Nature = vie.


"assassins", "foudroyé"...
alitération : "canon d'acier bleu..." ==> bruit des mitraillettes.
Nature = épanouissement du corps, bonheur de l'espace.


Bilan Transition:

Evadé sert à nous délivrer leçon de vie. Sagesse exprimé à travers cet évadé qui n'existe peut être même pas.


III. Une leçon de bonheur.

A/ Le bonheur est dans le plaisir des gestes, des mouvements
Importance des verbes de gestes ==> bonheur de retrouver les mouvements.

B/Le bonheur est dans les choses simples

Commenter vers 11-12 et vers 17-18 ==> évadé nous réapprend que le bonheur est dans les choses simples. Il faut savoir savourer.

C/Pour apprécier ces choses simples, il faut les vivre à fond.
Evadé profite de chaque moment, il vit à fond parce qu'il sait qu'il va mourir.
Leçon du poème ==> on devrait faire comme lui au lieu de vivre distraitement et apprécier chaque chose qui nous arrive et pour ça condition obligatoire d'être libre.


Conclusion:
Poème simple mais qui exprime beaucoup d'idées avec une morale très profonde à travers un personnage fictif. Ce n'est pas un poème savant, avec seulement opposition nature/homme, composition du poème et le personnage de l'évadé, Boris Vian donne toute une philosophie de vie et de sagess. Poème un peu comme une fable, un apologue.
Rapprochement avec l'étranger d'Albert Camus: le personnage principal en prison se rémémore sa vie et son plus grand plaisir est de croquer dans une pomme.

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